26.08.2008

Centres de rétention: les associations injustement mises en cause

La paille et la poutre, par Etienne Pinte
LE MONDE | 18.08.08 | 15h09

epuis le début de l'année, le ministre de l'immigration, Brice Hortefeux, et le député Frédéric Lefebvre, accusent les associations soutenant les personnes immigrées en situation précaire d'être responsables des incidents et révoltes dans les centres de rétention. Une accusation un peu rapide, indigne et injuste.

Dès le mois de février, les responsables de la Cimade, association chargée par le gouvernement d'accompagner les personnes retenues et de les conseiller, ont alerté le préfet de police de la "gravité de la situation qui règne au centre de rétention de Vincennes et sur les mesures qui seules sont à même de limiter les risques de graves accidents". Le 16 juin, quelques jours avant l'incendie du centre de rétention de Vincennes, le président de la Cimade, M. Patrick Peugeot, écrivait au préfet de police : "La situation du centre de rétention de Vincennes nous paraît toujours aussi problématique. La répétition des mouvements de révolte des retenus et la multiplication des violences au sein de ce centre depuis le début de l'année (février, avril, juin) nous confortent dans l'idée que les causes sont structurelles. Nous redoutons chaque jour qu'un drame ne se produise."

A qui la responsabilité ? A la préfecture de police ? Mais celle-ci a-t-elle les moyens de gérer humainement un centre de 280 personnes ? Evidemment non.

Pourquoi en est-on arrivé à cette situation explosive ? Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'intérieur, alerté par la Cimade, avait bien compris que le nombre de personnes retenues dans un même centre de rétention et sur un même site a un impact majeur sur le climat qui y règne.

C'est la raison pour laquelle il avait placé la limite par un décret du mois de mai 2005 à 145 personnes maximum par centre. Qui a pris la décision de doubler ce chiffre à Vincennes, détournant ainsi l'esprit de la loi ? Pourquoi ne pas avoir construit des centres à dimension humaine semblables à ceux de Bobigny ou de Plaisir ? Il ne faut jamais oublier qu'un retenu n'est pas un délinquant. Il n'est pas un prisonnier. Il doit être traité avec dignité et humanisme.

La solution n'est pas d'interdire une manifestation au pays des droits de l'homme au moment où nous exprimons à la Chine des réticences en la matière. Avant de jeter l'opprobre sur les associations, que les responsables politiques assument leurs responsabilités et prennent conscience de la poutre qui aveugle leur jugement.


Etienne Pinte, député UMP des Yvelines

 

Commentaires

Je me permets juste un commentaire que vous accepterez sans doute : vous dîtes qu'"il ne faut jamais oublier qu'un retenu n'est pas un délinquant. Il n'est pas un prisonnier. Il doit être traité avec dignité et humanisme."
Il me semble que toute personne doit être traitée avec dignité et humanisme, y compris les détenus. Votre phrase laisse entendre le contraire mais je suis sûre que telle n'était pas son intention.

Cortdialement,

Audrey Pascaud

Ecrit par : Pascaud | 26.08.2008

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